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Plantes médicinales et remèdes médiévaux

Les plantes sont largement utilisées depuis la fin de la Préhistoire et tout au long de l’Antiquité. Il est donc normal que leur usage se perpétue au Moyen Age. La majorité de la population étant rurale, l’utilisation des plantes est plus qu’évidente. Outre les cultures – céréales, légumes, fruits, racines – la cueillette des plantes et champignons reste essentielle. L’emploi des plantes pour l’alimentation, les soins de beauté, la médecine est plus que courant. Les moines cultivent et étudient les plantes et leurs effets, les paysannes les utilisent à tout-va (l’environnement est fait pour), les soigneurs réapprennent à les connaître, ou les mélangent pour des résultats plus ou moins heureux. Les plantes sont légions et sont faciles d’utilisations. La dame du château est parfois la seule à connaître les plantes et leurs usages. Des carrés de jardin sont spécialement affectés aux plantes médicinales et sont en général bien entretenus.

 

Dans mon roman, dame Sarah a appris les plantes auprès de sa nourrice et elle approfondit ses connaissances afin de soigner et soulager les maux. Tout au long des trois tomes de l’histoire de Sarah, les multiples situations nécessitant des soins reflètent la réalité de l’époque : conditions rudes des travaux des champs, maladies épidémiques, blessures quotidiennes, violences des tournois et des batailles en tout genre. La nécessité de soigner est omniprésente. J’ai toujours été impressionnée par les spécialistes en plantes et remèdes médicinaux naturels. Aussi, j’ai tenté de décrire les plantes, remèdes, et gestes médicinaux de l’époque après de multiples lectures et recherches.

 

Alors, pour ceux qui comme moi, s’intéressent aux plantes et à leurs utilisations, voici un éventail des plantes médicinales utilisées tout au long de mes trois livres.

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ACHILLEE MILLEFEUILLE, achilléa millefolium.

Haute herbacée des plaines et prairies, elle fleurit de mai à octobre. Très réputée à l’époque médiévale, l’achillée favorise la cicatrisation et freine les saignements. On l’applique sur les blessures en compresses ou on l’ingère en poudre dans du vin chaud voire en infusion. On utilise les feuilles crues, séchées ou réduites en poudre et les têtes fleuries.

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AIL, allium sativum.

Liliacée à bulbe très cultivée au Moyen Age, l’ail est utilisé partout et de toutes les façons : en décoction, cru, en cuisine, écrasé, séché, dans de l’huile… Ses multiples propriétés en font un atout encore réputé aujourd’hui : antibiotique (lutte contre les infections), expectorant (pour certains problèmes pulmonaires), il apaise et atténue les démangeaisons, il fluidifie aussi le sang.

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ANGELIQUE, angelica archangelica.

Aussi nommée "herbe du Saint Esprit". Plante bisannuelle de la famille des Apiacées pouvant atteindre 2 m. Racines, tiges, feuilles, inflorescences avant floraison… tout est bon dans cette herbe médiévale. Elle aide à lutter contre les bactéries et la fièvre, favorise la digestion, a des effets sédatifs et reste un excellent contrepoison à la belladone. Elle a beaucoup été administrée en traitement contre la peste.

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ARNICA, arnica montana.

Herbacée des montagnes, dont on garde essentiellement les fleurs jeunes et séchées. On l’utilise fréquemment au Moyen Age sous forme de baume, d’huile ou de pâte. L’arnica apaise les hématomes et autres contusions. C’est aussi un bon anti-inflammatoire pour les douleurs articulaires et musculaires. Parfois associée à l’immortelle ou au persil.

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BOURSE A PASTEUR, capella bursa-pastoris.

Aussi appelée "herbe à sang". Herbacée poussant au bord des chemins, cette plante est considérée comme une mauvaise herbe. Excellent hémostatique, elle est largement utilisée contre tous types de saignements : hémorragies, coupures, blessures ouvertes, saignements de nez. Les Allemands en ont fait un usage intensif durant la Première Guerre Mondiale. La bourse à pasteur a également des propriétés antiseptiques, elle est efficace dans les problèmes rénaux, les infections urinaires. On en utilise les parties aériennes fraîches ou en infusion.

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GRANDE CONSOUDE, symphytum officinale.

Vivace poussant dans les prés humides ou près des cours d’eau, on l’appelle aussi "langue de vache". Déjà d’usage reconnu chez les Grecs, c’est la plante médicinale par excellence. Très réputée pour accélérer la consolidation des os et fractures, d’où son nom, elle facilite la cicatrisation des os, des tissus (brûlures, acné, abcès), et adoucit aussi les rhumatismes. On utilise surtout ses racines bouillies et écrasées en cataplasmes, dans des huiles en massages.

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ECORCE de SAULE BLANC, salix alba.

Remontant au tout début de l’Antiquité, l'utilisation de l’écorce de saule reste très répandue. Un usage intensif en a été fait par les Amérindiens. En décoction ou teinture, elle aide à soulager toutes sortes de douleurs, les inflammations, et elle agit contre la fièvre.

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IMMORTELLE, helichrysum italicum

Vivace astéracée méditerranéenne, dont les fleurs séchées se conservent extrêmement longtemps, d’où son nom. Purificateur sanguin et antidouleur, l’immortelle ou hélichryse était surtout utilisée en externe contre les hématomes, contusions, plaies, brûlures, irritations. Ses fleurs séchées ou réduites en poudre s’appliquent en compresses ou onguents pâteux voire mélangées à de l’huile. En décoction ou infusion, elle peut lutter contre les brûlures d’estomac et maux de ventre.

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Lavande, lavanda officinalis

Labiée d’origine méditerranéenne, la lavande est une plante aux multiples vertus : antiseptique, calmante, digestives,  antimigraineuse, elle soulage les brûlures et piqûres. Sans parler de ses nombreux usages en hygiène et beauté (purificateur d’air et de linge, huile pour le corps, parfum…). Très prisée par les femmes du Moyen Age.

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MELISSE, melissa officinalis

Plante herbacée vivace de la famille des labiées, la mélisse "citronnelle" a des propriétés sédatives et calmantes pour les nerfs. On utilise ses feuilles, parfois les tiges, en infusion. Souvent associée à la verveine contre les troubles du sommeil, elle est aussi efficace contre certaines infections cutanées. A l’époque médiévale, on la répandait en larges brassées sur les sols des châteaux et maisons afin d’assainir, faire fuir les insectes et diffuser son parfum agréable et frais.

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MILLEPERTUIS, hypericum perforatum

Hypéricacée des régions tempérées. "Herbe de la Saint-Jean", "herbe aux fées" ou encore "chasse-diable", le millepertuis était autrefois considéré comme une plante magique capable de chasser les mauvais esprits. Ses fleurs et bourgeons écrasés, séchés, en poudre s’utilisent en cataplasmes. Excellent cicatrisant contre les brûlures, les plaies ou infections, on en fait aussi des infusions qui atténuent les états dépressifs légers.

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PAVOT papaver somniferum

COQUELICOT papaver rhoeas

La famille des papavéracées étant très variée. Je m’attarderai sur ces deux exemplaires. Le pavot était (et est encore) principalement utilisé comme sédatif et hypnotique assez fort, plongeant la personne dans une sorte de lourde torpeur hallucinogène. C’est également un puissant antalgique. On utilise principalement les fleurs et les têtes sans les graines, en infusion ou décoction.

Le coquelicot, fleur des champs de céréales, des prairies et des chemins est une plante calmante. Narcotique doux utilisé en infusion ou gargarismes, il calme aussi la toux et les maux de gorge. 

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SAUGE SCLAREE salvia sclarea

Considérée comme la panacée des plantes médicinales, la sauge sclarée était utilisée comme remède universel au Moyen Age, son nom latin salvia vient de salvare (sauver). Il y en avait dans tous les jardins. Désinfectante, cicatrisante, digestive, antispasmodique, tonique… elle reste multi-usages. « Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin ». Feuilles fraîches à mâcher ou infuser, feuilles séchées ou en poudre dans de l’huile en onguent, cuites dans du vin et filtrées en boisson quotidienne…

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SOUCI calendula officinalis

Herbacée du bassin méditerranéen, le souci était déjà répandu chez les Romains comme colorant jaune pour le textile en plus de ses vertus médicinales. Au Moyen Age il est surtout considéré comme une plante magique et protectrice (en amulettes). Néanmoins sont usage est très efficace en onguent pour les plaies, brûlures,  irritations… car antiseptique et cicatrisant. En interne, il lutte contre les ulcères, les douleurs menstruelles, etc.

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D’autres mélanges fréquents à l’époque médiévale :

 

Le sang de dragon sanguis draconis, ou pulvis draconis (poudre de dragon).

Issu de plantes diverses, la plus connue étant le dracaena draco, originaire des Canaries, dont la résine prend en séchant une teinte rouge sang, mais on a dénombré une dizaine de plantes dont des éléments servaient de base à des produits vendus par les apothicaires sous le nom de "sang de dragon" ou "sandragon". Ainsi le sang de dragon avait des propriétés hémostatiques et cicatrisantes, il arrêtait les hémorragies. Il était extrêmement rare et cher.

 

La thériaque : La thériaque, fleuron de la pharmacopée depuis l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, est un mélange savant de plus de 70 ingrédients. Considérée comme antidote contre les morsures de serpents, de bêtes sauvages, les poisons de toutes sortes, elle a très vite accédé au rang de médicament indiqué dans de nombreuses maladies, et a bientôt nourri l’ambition de guérir tous les maux en se haussant au statut de panacée !

 

La charpie : assortiment de plantes (hamamélis, ail, achillée et autres) fraiches, infusées, cuites et/ou écrasées qu’on utilisait en guise de pansement imprégnant des pièces de tissus ou en alternance avec des compresses que l’on plaçait sur les plaies importantes.

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Jusquiame et mauve associées permettait de soulager les douleurs dentaires et gingivales, notamment les poussées dentaires chez les nourrissons.

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Pour lutter contre la mauvaise haleine, on se gargarisait quotidiennement avec de l’eau mélangée de menthe fraîche, pétales de mauve, miel et citron.

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Pour assainir l’air, on brûlait des brins de thym avec des feuilles de sauge.

 

Une décoction de menthe et anis était efficace contre les vomissements et nausées.

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Des huiles de lavande, immortelle, et pâquerette réduites en poudre ou pâte, s’appliquaient régulièrement sous les armures et cottes de mailles pour éviter les frottements ou apaiser les brûlures et irritations causées par les étoffes et matières rugueuses. Un bon mélange également contre les ecchymoses laissées par les affrontements.

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